Dans la plupart des industries situées en bordure de mer, il est normalement utilisé cette eau de mer pour assurer le refroidissement des unités, pour les raisons bien simples suivantes:
- pas de limite à la consommation car source inépuisable
- caractéristiques chimiques de l'eau constantes
- température de l'eau sensiblement constante tout au long de l'année.
Toutefois, l'utilisation de cette eau pose un certain nombre de problèmes, à savoir
- corrosion de certains métaux, dont notamment l'acier, par le fait de la forte salinité de l'eau
- encrassement par les algues ou mollusques
C'est sur ce second inconvénient que nous apporterons des précisions, tellement les conséquences sur les exploitations sont importantes
- bouchages rapide des échangeurs selon les saisons
- difficultés pour le nettoyage des appareils obstrués par les mollusques.
Il y a donc à résoudre les problèmes suivants
- Empécher la fixation des mollusques sur les surfaces des appareils (échangeurs)
- Eliminer les mollusques lorsqu'ils se sont déposés.
Empêcher la fixation des mollusques:
Il faut préalablement remarquer que les mollusques dont il est question sont de très petite taille et que le processus de développement se fait comme suit:
1. dépôt par accrochage sur des parois métalliques
2. développement de la taille en fonction de la température du milieu, avec un développement optimal dans certaines tranches de température
Le développement de la taille des mollusques aboutit à une augmentation de volume, jusqu'à boucher complètement certains couloirs de passage d'eau, ce qui ne permet plus d'assurer le refroidissement, lorsqu'il s'agit d'un échangeur de chaleur, par exemple.
Pour empêcher la fixation des mollusques, il est possible, dans un tout premier temps d'augmenter la vitesse de passage de l'eau dans les appareils afin de créer un effet d'érosion. Ceci n'est pas toujours possible, surtout lorsqu'une situation est établie ( matériel en place et en fonctionnement, avec calculs de vitesse de passage effectués par le concepteur du matériel)
Une autre méthode consiste à tuer les mollusques avant leur développement à l'aide de composés chimiques. Cette méthode, facile de réalisation pose un certain nombre de problèmes; les circuits en eau de mer sont généralement à débits importants et les temps de contact eau produit mollucide sont faibles; cela implique, pour un résultat satisfaisant du traitement un dosage de produit instantanément important.
En général, l'opération se fait par injections chocs et non en continu
Un autre méthode consiste à fixer sur les parois métalliques un produit filmant, lequel empêche, à la fois l'accrochage des mini mollusques par effet physique et la répulsion de ceux-ci par l'effet mollucide du produit filmant.
Eliminer les mollusques lorsqu'ils sont déposés:
Ceci est le cas de figure le plus fréquent.
En général, lorsque l'industriel possède le problème, c'est que les perturbations apparaissent au niveau du refroidissement dont en particulier les débits d'eau qui commencent à diminuer ( augmentation de la perte de charge entrée/sortie d'eau ).
3 méthodes sont alors à disposition:
- Nettoyage mécanique des appareils: difficultés au niveau des parties inaccessibles.
- Injections en doses choc de chlore en discontinu avec des intervalles de temps aléatoires.
- Utilisation de la méthode des balles de caoutchouc ( ramonage des tubes avec des balles en caoutchouc véhiculées au travers des faisceaux de tubes et recyclées par pompe). Ce système nécessite une installation, soit fixe, soit mobile).
Observations sur les techniques ci-dessus
Les techniques évoquées ci-dessus appellent les principales remarques suivantes:
- Il n'y a pas de règle générale pour lutter contre les mollusques dans les circuits industriels; chaque cas doit être étudié sur le plan technico-économique car les débits d'eau en jeu étant souvent importants, à résultats identiques entre 2 techniques, la plus économique sera à retenir
- Le traitement mollucide par voie chimique doit être examiné dans les détails, surtout la composition chimique des agents actifs: certains d'entre eux sont strictement interdits par la législation, à cause des problèmes posés par la présence de certaines molécules ou métaux dans les rejets. La plupart des produits actifs utilisés dans les 20 dernières années sont désormais interdits dans la plupart des pays.
- Pour des circuits ou installations importantes, la meilleure façon d'appréhender le problème est la réalisation d'un programme de traitement sur pilote installé in situ.
Pilote de contrôle
Ce pilote a pour mission de contrôler les différents paramètres indicatifs d'une obstruction des tubes d'échangeurs par des mollusques ou tous autres éléments perturbateurs véhiculés par l'eau de mer.
Les différents capteurs ont des fonctions bien précises et les résultats sont centralisés informatiquement ce qui permet d'en conserver les traces et ainsi analyser "en temps réel" ou ultérieurement les conditions dynamiques des encrassements, ce qui permet d'adapter et d'améliorer les techniques de lutte contre ces phénomènes perturbateurs.
Des modèles mathématiques peuvent être créés sur des logiciels courants et adaptés à la situation propre de l'installation. Ceci constitue un grand progrès par rapport aux anciennes méthodes d'investigations, par le fait de la rapidité de lecture des résultats.
Voir également:
Mesure de la corrosion: http://detrigne.perso.neuf.fr/corros.html
Entartrage des echangeurs http://detrigne.perso.neuf.fr/page13.html
Circuits à eau recirculée http://detrigne.perso.neuf.fr/circuit.html